Le patrimoine

Les calvaires ou croix de chemin

On peut voir trois croix à Laneuvelle:

La croix du haut du village

La croix à la mémoire de Rose Euphrasie    La croix vigneronne   La croix en bas
Avant l’entrée du village, une croix simple domine les champs.
Les aînés du village ont entendu leurs parents raconter que la croix a été édifiée en souvenir d’une petite fille décédée tragiquement dans un accident : un tonneau l’aurait écrasée.
C’ est la croix la mieux conservée de Laneuvelle.
L’inscription partiellement effacée sur le socle a permis, grâce à un prénom peu usité encore lisible, de retrouver avec l’aide des registres d’état civil la personne à l’origine de cette croix et de la dater.
Elle s’appelait Rose-Euphrasie Pierre, fille de Didier Pierre, boucher à Coiffy-Le-Bas et d’Adélaïde Charbonnay, et nièce de Pierre Lapoulot de Laneuvelle.
Née en 1809 à Coiffy-Le-Bas, Rose-Euphrasie est décédée à Laneuvelle le 19 septembre 1820, à l’âge de 11 ans et demi. Elle est enterrée à Coiffy sous le nom de Rosalie Pierre. Ainsi a pu être reconstituée l’inscription gravée sur le socle:

ICI EST DECEDEE ROSE EUPHRASIE PIERRE
AGEE DE 11 ANS ET DEMI
FILLE DE DIDIER PIERRE
LE 19 SEPTEMBRE 1820

 

La croix vigneronne

   

Sur un talus dominant le village, et faisant face à la chapelle, mais bien antérieure, se dresse « la croix vigneronne », ainsi dénommée à cause d’un motif de vigne qui décore la colonne : des pampres de vigne et grappes de raisin finement sculptés d’un style assez naïf s’enroulent sur le bas du fût. Elle est datée de 1731 et ses belles sculptures rappellent celles de Chézeaux et de Velles: on trouve plusieurs exemples de ces croix dans la région certaines liées à la culture de la vigne.
La croix est en calcaire, matériau noble, d’une hauteur de 4m70. De longs textes en latin gravés sur le piédestal exaltent la croix, Jésus et Marie. Par deux fois Saint Pierre, patron de Laneuvelle, y est célébré. La date de 1731 est apposée sous le reposoir.
Aucun élément de son histoire n’a été retrouvé jusqu’à présent.
Le socle semble posé dans le mauvais sens (le reposoir est au-dessus d’un talus très escarpé), la croix n’est pas dans l’axe du socle. Elle a sans aucun doute été deplacée et restaurée dans le passé.

Son élégance et la finesse de ses sculptures en font un monument digne d’intérêt et l’association s’est mobilisée pour engager un projet de restauration. Ce projet englobait la restauration des trois croix de Laneuvelle : il a été exécuté en mai-juin 2018 et les croix sont solennellement inaugurées le 18 août 2018. Les textes gravés en latin sur le socle ont été reconstitués dans le cadre de la restauration. Une prière destinée aux défunts : « que les âmes de ceux qui reposent ici .. » laisse supposer que la croix pouvait être placée dans le cimetière autour l’ancienne église et qu’elle a été érigée sur ce talus lors du transfert du cimetière en 1855 en dehors du village.

Veuillez voir la reconstitution des textes et leur traduction en francais, et l’origine des textes transcrits.

Veuillez voir pour le récit des restaurations la rubrique Réalisations et pour le récit de leur inauguration les rubriques Activités, Galerie et Presse.

 

La croix du bas du village

La croix à la mémoire de Rose Euphrasie

Tout en bas du village, la croix datée de 1851, marquait la limite du village ; c’est une croix de Jubilé, et des recherches sont en cours pour en comprendre la destination et l’histoire. Elles ont révélé que la croix a été érigée par l’abbé Mochot, qui était également à l’origine de la construction de l’église et de la chapelle de Laneuvelle.

Elle a subi de nombreux accidents : sa colonne est brisée, le chapiteau très petit n’est peut-être pas d’origine ainsi que la croix sans décor. Sur son socle on peut lire :
CROIX DU
JUBILE
1851
LE PASTEUR ET
TOUTE SA PAROISSE
FIDELE

Cette croix a donc été élevée en mémoire d’un jubilé. Un jubilé accorde « l’indulgence », c’est-à-dire la rémission des peines temporelles dues au péché. Pendant un temps, les jubilés avaient lieu tous les 25 ans.

De mémoire d’habitant, c’est devant elle que l’on déposait la statue de la Vierge de la procession avant d’escalader la colline lors de la fête de la chapelle de la fin du mois d’août.

Elle est constituée de parties visiblement disparates et a été restaurée dans le passé, comme en témoignent les traces de ciment.

Veuillez trouver sous ce lien la lettre de l’abbé Mochot du 16 août 1851 à l’évêque de Langres, Jean Guérin, et sa transcription partielle, certains passages restant indéchiffrables.

L’ église Saint Pierre-es-Liens

L'église Saint Pierre-es-Liens  LP, Abbé Mochot, raam in de kerk, Laneuvelle  LP, site Web, Saint Pierre-ès-Liens

Bâtie entre 1844 et 1849, sur l’emplacement de l’ancienne église devenue trop petite pour la population (plus de 500 habitants) et en très mauvais état (certaines parties de l’église ont dû être fermées, le chœur et la tour sont à reconstruire).

Les architectes Rodolphe Petitjean et Abel Durand ont dessiné les plans, Sébastien Vitré de La Ferté-sur-Amance l’a construite pour la somme de 26 296 F. L’abbé François-Etienne Mochot curé de Laneuvelle à partir de 1843, a joué un rôle déterminant dans l’achèvement de la construction.

A l’origine, la flèche et les clochetons étaient couverts de bardeaux de bois.

En 1867, on change l’horloge communale : elle est achetée à Langres pour 1620 F et c’est une horloge à 8 jours de remonte, à minuterie et qui sonne les heures ainsi que les demies avec répétitions. Elle se trouve toujours dans le clocher.

Le chemin de croix, restauré en 2014, est d’Albert Frénisy, peintre de La Ferté-sur-Amance et date de 1869.

Les 5 peintures monumentales du choeur, représentant Saint Pierre, le patron de l’église, et les quatre évangelistes, le maître autel avec ses deux statues ainsi que les deux autels latéraux dédiés à la Vierge et à Saint Nicolas, ont été restaurés fin 2016.

Le cimetière

LP, site Web, la Cimetière           LP, le cimetière, 2

Le 17 juin 1849, le Conseil Municipal déclare le cimetière (alors situé autour de l’église) « insalubre de par son emplacement au centre du village, à environ 5 mètres des habitations et surtout son niveau surélevé par rapport au sol et les écoulements qui s’ensuivent ». Il faudra cependant attendre 1854, l’année de l’épidémie de choléra, pour que le transfert ait lieu à l’écart des habitations.

Au pied du grand calvaire surmonté d’une croix en fer se trouve la tombe de l’abbé Mochot.

Le lavoir

               
 

 

Le pressoir

               
peinture, Théo de Feyter  2010 (à droite)
 

 

À l’origine, le coeur du village : Laneuvelle a vécu de la vigne depuis le milieu du XVIIIème siècle jusque vers 1880. Il existait au début du XIXème siècle 3 pressoirs, qui sont devenus petit à petit inutiles ; la halle actuelle peut dater de 1836, ainsi qu’ en avaient décidé les habitants de Laneuvelle-les-Coiffy, désirant que “les pressoirs de la commune soient retablis, malgré qu’ils soient plus à charge qu’a profit”.  Le maire faisait procéder a la construction de la halle qui les abritait, sous la direction de Charles Santa, architecte.


La chapelle

la chapelle dans la verdure

 

La Chapelle Notre-Dame de la Reconnaissance fut construite en 1854 par la communauté des habitants de Laneuvelle, en reconnaissance à la Sainte
Vierge
 d’ avoir épargné le village lors de l’épidémie de choléra de 1854. La Chapelle est achevée et bénite en 1856, comme le rappelle l’inscription gravée sur les deux piédroits de la porte. Elle se situe au sommet de la colline qui domine le village dans un écrin de verdure.

De dimensions modestes (5.60 x 6. 50 mètres), elle est construite en grès du pays dans le style néo-gothique de l’ époque.  La couverture en tuiles plates est surmontée d’un clocheton en pierre  de taille. Une inscription en latin gravée sur le tympan du portail “Posuerunt me in vignis…..”. peut se traduire par “Ils me placèrent pour gardienne au milieu des vignes”.             La chapelle est remarquable par ses peintures murales se rapportant à l’histoire du village liée  à l’histoire nationale : l’épidémie de choléra de 1854 et la guerre franco-allemande de 1870-71.

La peinture de l’abside représente le voeu de l’ abbé Francois Mochot (né 14 avril 1808  à Prauthoy, décédé  14 décembre 1873 à Laneuvelle), curé de Laneuvelle de 1842 a 1873. On y voit l’abbé Mochot, entouré de ses paroissiens, recevant la bénédiction divine par l ‘intercession d ‘un ange et de la Vierge.  L’ ange de la Mort, qui lui fait face, prêt à lever sa faux, est retenu par un autre ange. Cette peinture reflête l’histoire du voeu et de la construction de la chapelle, qui nous est connue par des lettres et les carnets de comptes de l’abbé Mochot, retrouvés dans la sacristie de l’église de Laneuvelle.  Ces documents permettent d’ attribuer avec certitude cette peinture à Jean-Pierre Jourdheuil, dit Télémaque, qui a laissé des oeuvres dans plusieurs églises de la Haute-Marne, comme Varennes-sur-Amance (sa terre natale), Avrécourt, Cerisières, Chateauvillain, Damrémont, Lecey, et Ranconnières.

Les peintures latérales relatent le départ et le retour des conscrits de Laneuvelle lors de la guerre franco-allemande de 1870-71.”La Semaine Religieuse” du 14 Mai 1871 fait mention du “chant du retour des jeunes soldats de Laneuvelle à la Chapelle Notre-Dame de la Reconnaissance” et de la cérémonie au cours de laquelle on apporta une “offande destinée à payer les peintures murales de la chapelle”.  La même “Semaine Religieuse” signale en 1880 “les peintures expressives sur les murs de la chapelle” , elles sont donc achevées.

L’abbé Olivier Odelain, expert en art sacré, cite les peintures de la chapelle dans son article “Ex-voto de guérison et de vie sauve” dans les Cahiers Haut-Marnais (3e trimestre 2009, no. 258). Sous la forme de peintures, tant pour le choléra que pour la guerre de 187o , on n’ en connaît pas d’ autre exemple dans notre région. Le Colonel Dutailly, qui a fait des études sur les monuments consacrés à la guerre de 1870, n’en connait pas d’ équivalent et les estime d’ une grande rareté.

Dans la chapelle se trouve une très belle Vierge à l’ Enfant en bois, probablement  du XVIIe ou  XVIIIe siècle, et, sur un bel autel sculpté de motifs de vigne, une Immaculée Conception en terre cuite provenant des ateliers Moynet de Vendeuvre-sur-Barse.

Tous les ans depuis 1856, un pèlerinage renouvelle le voeu de l’abbé Mochot et de ses paroissiens, le dernier mardi, puis le dernier dimanche d’ août.

Les peintures murales ont été restaurées en été 2015; en même temps, la chapelle est restituée dans le style néo-gothique de l’époque de sa construction. Ces travaux ont été exécutés par le restaurateur M. Jacques Viard.

Le site de la chapelle offre un point de vue superbe sur le village. La chapelle est intégrée au circuit “Télémaque” créé par les Trois Provinces et  l’ Office de Tourisme de Bourbonne-les-Bains.